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Friday, September 4, 2026

Ces Jeux Olympiques qui ontredonné le sourire à la France

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Organisation réussie, liesse populaire, résultats au rendez-vous…

A tout point de vue, l’événement a tenu ses promesses et a offert aux Français une parenthèse bienvenue. 

ÉVÉNEMENT Yann Duvert

Les ambitions étaient immenses, et le résultat a été à la hauteur. Les Jeux Olympiques de Paris 2024 se sont achevés dimanche, au terme d’une quinzaine qui s’est déroulée sans réelle fausse note (la cérémonie de clôture n’était pas terminée au moment du bouclage des « Echos », NDLR). Pour les organisateurs, la surprise a été d’autant plus agréable qu’elle avait été précédée d’une forme de circonspection – pour ne pas dire plus – de la part de l’opinion publique. Mais l’arrivée de la flamme olympique à Marseille, le 8 mai, puis son passage dans quelque 450 villes françaises, avaient tout de même envoyé des signaux positifs.

La confirmation est survenue dès la cérémonie d’ouverture, appréciée par une large majorité de Français et la presse internationale. La pluie, la réalisation télévisuelle hasardeuse, et la polémique autour d’un tableau qui a froissé une partie de la communauté chrétienne, n’ont terni ce succès qu’à la marge. D’autant que la soirée a aussi été l’occasion de passer le premier grand test en matière de sécurité. Mis en alerte par le sabotage sur le réseau SNCF la veille au soir, le dispositif sans précédent mis en place a produit ses effets, et aucun incident majeur n’a été déploré. Il en a été de même durant toute la quinzaine.

Autre motif d’inquiétude, les transports en commun ont répondu présents. Plus de métros et trains, moins d’attente sur les quais et des rames rarement bondées… « C’est une immense fierté mais surtout le succès de sept ans de travail collectif. On a surmonté les difficultés et les vaines polémiques » malgré « quelques incidents qui ont été quasiment transparents pour les voyageurs », s’est réjouie vendredi Valérie Pécresse, la présidente LR d’Île-de-France Mobilités et de la région francilienne. Tout cela a sans doute contribué à la transformation de Paris en un halo de sérénité, où l’ambiance olympique a pris le pas sur les crispations en tous genres. « La plus grande surprise des Jeux : même les Français ne trouvent rien à redire », a ainsi résumé le « Wall Street Journal ». Une parenthèse bienvenue, qui a suscité de nombreux témoignages élogieux de la part de touristes… et désappointés de Parisiens ayant fui la capitale.

Audiences spectaculaires

En parallèle, les Français se sont pris de passion pour les épreuves, en témoignent les audiences spectaculaires de France Télévisions et Eurosport, ainsi que les 9,5 millions de billets ayant trouvé preneurs. Le phénomène a été soutenu par les performances de la délégation française, qui a largement battu son record de médailles (64, dont 16 en or) lors de « ses » Jeux. Des stars fédératrices déjà bien installées (Teddy Riner) ou qui ont émergé à l’occasion de ces Jeux (Léon Marchand, les frères Lebrun) ont incarné ce succès collectif.

Résultat : les sites de célébration ont fait le plein, accueillant plus de 2,5 millions de personnes dans toute l’Ile-de-France, selon le préfet de région Marc Guillaume. Ce dernier a notamment salué le « succès colossal du Club France à La Villette », devant lequel de longues files d’attente se sont régulièrement formées. Et que dire de la vasque olympique, « allumée » lors de la cérémonie d’ouverture et qui continue d’aimanter les foules au cœur du jardin des Tuileries ? Ce « nouveau monument » pourrait d’ailleurs être conservé après les Jeux Paralympiques, comme le souhaite Anne Hidalgo, même si la faisabilité du projet interroge.

La maire socialiste de Paris a également pu assister avec satisfaction à la tenue des épreuves prévues dans la Seine, où elle s’était elle-même baignée quelques jours plus tôt. Après des années de travail pour assainir le fleuve, et 1,4 milliard d’euros investis – dont la moitié par l’Etat –, l’objectif de le rendre baignable pour le grand public en 2025 est bien engagé. Seule ombre au tableau, l’annulation de plusieurs entraînements a empêché les athlètes de reconnaître le parcours, et certains ont publiquement exprimé leur colère.

Mais à l’heure du bilan, force est de constater que Paris 2024 a réussi son coup. Le choix d’organiser des épreuves sur des sites emblématiques (Invalides, Champs de Mars, château de Versailles) s’est révélé payant. Les images de liesse à Montmartre lors de l’épreuve de cyclisme, du BMX à la Concorde, ou de l’escrime au Grand Palais resteront à coup sûr dans les esprits. Et plus globalement, la carte postale envoyée au monde entier devrait renforcer l’attractivité de la destination Paris.

Parade des athlètes sur les Champs-Elysées

Pari également gagné pour Emmanuel Macron, qui avait fait des JO un point d’orgue de ses quinquennats, et qui s’est offert à l’occasion une trêve politique. Le chef de l’Etat recevra lundi, à l’Elysée, « des représentants de toutes celles et ceux qui ont contribué à faire de ces Jeux une réussite ». Forces de l’ordre, sécurité privée, pompiers, agents hospitaliers ou de la RATP sont notamment conviés. Les athlètes français, eux, auront droit à une parade sur les Champs-Elysées le 14 septembre.

Certes, ces JO ont connu des couacs et des maladresses. Comme lors de la finale du 100 mètres, au Stade de France, lors de laquelle les stars de l’épreuve reine ont dû patienter plusieurs minutes sur la ligne de départ du fait d’un problème technique… Ou les tribunes VIP en partie vides lors de certaines épreuves, écornant l’image de « Jeux populaires » voulue par Paris 2024. Ou encore les critiques de certains athlètes visant le restaurant du Village olympique, sur la qualité ou les quantités de nourriture.

Mais rien de tout cela ne semble susceptible d’entacher sérieusement cette édition parisienne, d’ores et déjà certaine d’entrer dans l’histoire, et qui doit donner quelques sueurs froides aux organisateurs des Jeux de Los Angeles en 2028. Avant cela, place désormais aux Jeux Paralympiques avec l’objectif d’offrir une nouvelle parenthèse enchantée aux Français.

Les Paralympiques espèrent surfer sur l’euphorie soulevée par les JO

Une première page, réussie, s’est tournée pour les JO de Paris. La deuxième, celle des Jeux Paralympiques, se prépare. Après dix-sept jours de transition, utilisés pour réaménager les sites, les épreuves de handisport prendront la suite du 28 août au 8 septembre. Une fois les 10.500 athlètes olympiques partis au fur et à mesure cette semaine, après la cérémonie de clôture au Stade de France dimanche soir, leurs 4.500 homologues paralympiques, venus de 172 nations, commenceront à investir le village olympique.

Ces Jeux sont volontairement calqués sur leurs prédécesseurs. La cérémonie d’ouverture se déroulera aussi en dehors d’un stade, au cœur de la capitale, sur l’emblématique place de la Concorde. Sur les 42 sites des épreuves des JO, une trentaine, dont les plus prestigieuses au cœur de Paris et ailleurs, accueillera à leur tour des compétitions (para-triathlon sur le pont Alexandre III, para-équitation à Versailles, cécifoot au stade de la Tour Eiffel). Si le Club France à la Villette accueillera les athlètes, en revanche, le parc des Champions, dans les jardins du Trocadéro, ne sera plus ouvert. Mais comment faire pour que la liesse populaire continue sur sa lancée ? Les Jeux de Paris se sont fortement engagés sur l’événement paralympique, les premiers d’été organisés par la France. Tony Estanguet, le patron de Paris 2024, le présente comme « le match retour des JO ». Le président Emmanuel Macron a promis d’en faire un levier pour donner une plus grande visibilité au monde du handicap.

300 heures de direct

Des avancées ont été réalisées par Paris : 300 heures de diffusion en direct seront assurées sur France Télévisions, le double de Tokyo. Les transports ont été aménagés pour les 350.000 visiteurs en situation de handicaps attendus (navettes, taxis), même si la promesse d’une plus grande accessibilité dans le métro n’a pas été tenue, et les commerces ont été aidés financièrement pour se mettre aux normes.

Comme pour les Olympiques, le relais de la flamme, mais cette fois-ci beaucoup moins long, doit faire monter l’engouement. Un dispositif original sera mis en place : démarrant le 25 août de Stoke Mandeville, en Grande-Bretagne, berceau historique du sport paralympique, la flamme paralympique sera séparée en douze flammes une fois arrivée à Calais. Elles se rejoindront quatre jours plus tard à Paris, pour le coup d’envoi des compétitions. Mais il reste à faire. Après des débuts poussifs, la commercialisation des billets (moins chers que pour les Olympiques) certes s’accélère, profitant de la dynamique des JO. Un phénomène de rebond déjà relevé dans les précédentes Olympiades.

Mais à moins de trois semaines des compétitions, moins de la moitié des billets ont été vendus – 1,3 million sur les 2,8 millions commercialisés –, selon les derniers chiffres de Paris 2024. Et encore, 600.000 billets ont été réservés par l’Etat et les collectivités locales et distribués aux scolaires, fonctionnaires, etc. En juin, l’Etat avait versé une rallonge de 33 millions d’euros supplémentaires au comité d’organisation, pour combler les mauvaises recettes de la billetterie.

Rentrée scolaire

L’événement est moins massif : 4 millions de visiteurs sont attendus, contre 10 millions pour la quinzaine olympique, a précisé vendredi Marc Guillaume, le préfet de la Région Ile-de-France et de Paris. Pour la sécurité privée, 12.000 agents seront mobilisés (déjà formés et accrédités), contre 22.000 en moyenne par jour pour la quinzaine passée.

« Il y aura certes moins de spectateurs que pendant les olympiques, mais le défi sera de combiner les compétitions avec le retour des Franciliens au travail et la rentrée scolaire », a souligné vendredi Valérie Pécresse, la présidente LR de la Région Ile-de-France, évoquant la problématique des transports. Plusieurs écoles parisiennes ont déjà dû décaler leurs horaires d’accueil des enfants pour la deuxième semaine des Jeux paralympiques.

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